Beaucoup pensent que les cerises amarena sont une variété exotique italienne impossible à reproduire chez soi. En réalité, c’est une griotte ordinaire transformée par un procédé de confisage progressif – et vous pouvez l’obtenir avec 1 kg de griottes, 700 g de sucre et six jours de patience.
Origine et histoire de la cerise amarena
Le mot amarena vient de l’italien amara, qui signifie amère. Il désigne une griotte brune issue du griottier (cerisier acide), cultivée principalement dans les régions de Bologne et de Modène. Sur le plan botanique, il s’agit de la variété Prunus cerasus var. Caproniana, dont la maturité intervient à la mi-juin. Rien de mystérieux dans le fruit lui-même.
Ce qui fait la réputation de l’amarena, c’est la transformation. En 1905, Gennaro Fabbri fonde sa maison à Bologne. Son épouse Rachele met au point la recette de confisage qui va rendre le produit célèbre. Pour lui rendre hommage, Gennaro commande une jarre en céramique artisanale blanche et bleue – ce bocal iconique que l’on retrouve encore aujourd’hui dans les épiceries fines du monde entier. La maison Fabbri en est à sa cinquième génération, et la recette originale reste secrète.
Comment les cerises amarena sont-elles fabriquées?
Le procédé repose sur l’osmose. À chaque bain sucré, la concentration en sucre du sirop augmente, ce qui crée une différence de pression entre l’intérieur du fruit et le liquide extérieur. L’eau contenue dans la chair migre vers le sirop, pendant que le sucre pénètre progressivement dans la cerise. Résultat : un fruit dense, moelleux, profondément parfumé.
Dans la méthode traditionnelle, ce processus durait une quarantaine de jours au soleil. La version industrielle reproduit le même résultat en étuve à 60°C, en quelques jours seulement. À noter : les cerises amarena ne contiennent pas d’alcool. Ce sont des fruits au sirop, à ne pas confondre avec des cerises à l’eau-de-vie. Si vous cherchez une recette de liqueur de cerise, c’est un tout autre procédé.
Comment faire des cerises amarena maison sans Thermomix?

La recette maison tient en trois chiffres : 1 kg de griottes, 700 g de sucre, 6 jours. Le temps de travail effectif est d’environ 40 minutes au total, réparties sur la semaine.
Jour 1 : Dénoyautez vos griottes avec un dénoyauteur à piston – comptez environ 25 minutes pour un kilo. Déposez les fruits dans une casserole avec 300 g de sucre, portez doucement à frémissement pendant 10 à 15 minutes, puis laissez reposer à température ambiante jusqu’au lendemain.
- Jours 2 à 6 : Chaque matin, ajoutez 20 à 25 g de sucre au sirop, portez à nouveau à frémissement pendant 10 à 15 minutes, puis laissez refroidir.
- Le sirop doit progressivement épaissir et prendre une couleur acajou profonde.
- À la fin du jour 6, vous devez avoir incorporé au minimum 500 g de sucre par kilo de fruits – en dessous, le sirop reste trop liquide et le bocal fermente en quelques semaines, même stérilisé.
Mettez en bocaux stérilisés, fermez hermétiquement, stockez à l’abri de la lumière et de la chaleur. La conservation atteint 12 mois. Après ouverture, consommez dans les 3 mois et gardez au réfrigérateur.
La version Thermomix : même résultat, moins de surveillance
Le Thermomix simplifie les bains quotidiens en automatisant la gestion de la température. Commencez par préparer un sirop : versez de l’eau, le sucre et un filet de jus de citron dans le bol, puis lancez 10 minutes à 100°C, vitesse 2. Le citron apporte une légère acidité qui équilibre la concentration sucrée et préserve la couleur des fruits.
Ajoutez ensuite les griottes préalablement dénoyautées. Relancez des cycles courts – généralement 5 à 8 minutes à 90°C, sens inverse, vitesse cuillère – pour ne pas écraser les fruits. Répétez l’opération sur plusieurs jours, comme pour la méthode manuelle, en augmentant la concentration du sirop à chaque session.
La différence principale avec la méthode sans robot : vous contrôlez moins la texture. Le Thermomix peut fragiliser des griottes trop mûres. Pour des fruits fermes et bien formés, la casserole reste plus précise.
Que faire avec un bocal de cerises amarena?

L’usage le plus classique : quelques cerises posées sur une boule de glace vanille, avec un filet du sirop du bocal. Ce sirop concentré mérite autant d’attention que les fruits eux-mêmes – nappez-en une panna cotta, incorporez-le dans un yaourt nature, ou utilisez-le pour parfumer un cocktail sans alcool avec de l’eau gazeuse.
- Tiramisu revisité : remplacez les fraises ou framboises par des cerises amarena, et imbibez les biscuits avec le sirop dilué à la place du café.
- Crêpes : une cuillerée de cerises avec leur sirop, un peu de crème fouettée non sucrée.
- Garniture pour cheesecake ou tarte au fromage blanc.
- Cocktails : quelques cerises dans un verre de prosecco ou de kir pour une version italienne.
Les cerises maison tiennent-elles la comparaison avec les amarena du commerce?
La texture des cerises maison est souvent supérieure : les fruits restent entiers, la chair est plus ferme que dans les bocaux industriels, et le sirop a un goût de cerise bien marqué. Les produits Fabbri ont une concentration sucrée plus homogène et une couleur plus régulière, obtenues grâce à des procédés industriels normalisés.
Sur le coût, la version maison revient à environ 3 à 4 euros le kilo de griottes en saison, plus le sucre. Un bocal Fabbri de 600 g coûte entre 8 et 12 euros selon les enseignes. L’écart est significatif si vous en préparez plusieurs bocaux d’un coup en juin.
Pour vous aider à choisir :
| Profil | Recommandation |
|---|---|
| Amateur de pâtisserie, usage régulier | Recette maison, préparez 3 à 4 bocaux en juin |
| Usage ponctuel, une ou deux fois par an | Bocal du commerce, praticité avant tout |
| Budget serré, griottes disponibles localement | Maison sans hésitation, le rapport qualité-prix est net |
Six jours de macération pour un bocal qui tient un an : c’est finalement assez peu de travail pour ce que vous obtenez – un sirop épais couleur grenat, des fruits qui concentrent toute l’acidité de la griotte sous une enveloppe sucrée. Difficile de retrouver ça sur une étagère de supermarché.












